15 avril : syndicats et associations de victimes devant la presse

A la Tribune de la conférence de presse
– CFE-CGC : Sébastien Crozier
– CFTC : Jean-Pierre Dumont
– CGT : Cédric Carvalho
– FO : Dominique Riéra (avocat)
– SUD : Patrick Ackermann
– ASP Pro (association de victimes) : Michel Lallier
– FNATH (association de victimes) : Alain Prunier et Aminata Kantao
– Jean-Paul Teissonière (avocat de SUD + ASD Pro . 100 parties civiles)
– Sylvie Topaloff (avocat de SUD + ASD Pro . 100 parties civiles)
– Frédéric Benoist (avocat CGC)

Les médias présents

AFP, BFMTV, Bloomberg, CNEWS,  France Inter, La Croix, Le Figaro,  Le Monde,  Le Parisien, L’Humanité, Libération,  Liaisons Sociales, Médiapart, Radio Classique, RFI,  Santé et travail, Usine nouvelle, VSD, 20 minutes.

Quelques liens sur les sites de médias

L’intervention de SUD

Bonjour à tous, bonjour à toutes,

Pour l’introduction à cette conférence de presse, je vais simplement poser deux questions qui sont liées au procès qui s’annonce devant nous.

La première question, c’est la question du temps de la justice. Certes, les quatre années d’instruction depuis notre dépôt de plainte de décembre 2009 ont débouché sur un dossier exemplaire et pour les témoins du procès, ils verront que les preuves se sont accumulées pour étayer l’accusation d’une mise en place d’un système de harcèlement au plus haut niveau de France Télécom, à la seule fin de pousser 22 000 salarié-es à quitter l‘entreprise entre 2006 et 2008, période de déchainement du plan Next.

Mais après ces quatre années d’instruction, les années qui ont suivi ont été longues et beaucoup d’entre nous pensent que la longueur du temps de la justice est déjà en soi une injustice pour les victimes. Il va nous falloir inventer une machine à remonter le temps pour nous remémorer cette triste période et cela ne se fait pas sans mal. Beaucoup d’entre nous ont voulu tourner la page, Beaucoup d’entre nous ont disparu des compteurs, en retraite forcée, en maladie dépressive, en mutation vers les quelques places disponibles dans la fonction publique, vers d’autres entreprises privées, poussés en essaimage vers des projets élaborés à la va vite…

Mais aussi beaucoup d’entre nous attendent que ce procès donne un verdict sans appel pour condamner France Télécom et ses dirigeants de l’époque.

22 000 personnes jetées de France Télécom, « par la porte et par la fenêtre » comme l’ont si cyniquement déclaré les trois dirigeants de l’époque, comme le leitmotiv de cette mobilisation interne, en référence à cette blague qui disait : « Quand on ferme la porte à un commercial de Rank Xerox, il passe par la fenêtre. Nous on va faire sortir les gens par la porte et par la fenêtre… ». Les sarcasmes de la direction continueront encore longtemps, même face aux alertes des médecins du travail, des assistants sociaux, des syndicats, des experts, des salarié-es eux- même, puis de la presse.

Mais finalement la direction devra elle-même a parlé de « spirale des suicides » en 2009, acculée à reconnait la tragédie et à ouvrir une période de négociation qui se conclura par la mise ne place d’une nouvelle direction avec le nouveau Pdg Stéphane Richard.

Mais c’est maintenant le temps de ma deuxième question. Il va nous falloir aussi inventer une machine à réparer le temps, une réparation qui ne pourra pas se faire sans que les victimes puissent à nouveau demander une juste indemnisation pour cette période. Le motif de la « mise en danger de la vie d’autrui », ainsi que l’« entrave aux IRP » ont disparu du procès qui se concentrera sur le motif de mise en place d’un « harcèlement systémique et institutionnel ». Beaucoup de parties civiles sont déçues, mais c’est le choix de la justice de faire un procès national qui fera sans doute date dans la période. Nous ne contestons pas ce choix.

Dans sa fable, « Les animaux malade de la peste », La Fontaine écrivait « ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés ». Si nous avons apporté fin mars une centaine de nouvelles parties civiles au procès, c’est pour que ce procès ne soit pas désincarné et que la question de l’indemnisation des victimes ne soit pas évacuée. Nous appelons encore aujourd’hui les victimes à nous contacter pour se constituer partie civile.

Pour réparer ce temps de la « spirale des suicides », il faudra faire appel à toutes les bonnes volontés : les organisations syndicales et les associations de victimes, évidemment, mais aussi la nouvelle direction d’Orange, et sans doute des personnalités bienveillantes du monde politique, social, médical, scientifique.

Nous avons confiance dans nos chances de gagner ce procès. Il faudra que ce procès donne maintenant un avenir positif et collectif à l’entreprise Orange.

Rejoignez-nous : proceslombard@sudptt.fr

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