harcèlement

  • Dominique
  • Orange
  • 2008
  • Seine-et-Marne

Bonjour,
J'aimerai apporter mon témoignage, même si mon histoire débute
avant 2005, elle continue bien après.

Je travaille en agence depuis 1999, en février 2003 mon N+2 me
convoque pour m'annoncer que je dois quitter la boutique car je ne
suis pas assez performante, pas assez "tueuse", j'ai le défaut de
vendre aux clients ce qu'ils veulent et pas ce qu'Orange veut. On
m'envoie donc à Villabé à 90 km de chez moi pour passer un
entretien chez Wanadoo afin d’intégrer ce service. J'ai la chance
là-bas d'être reçue (en larmes) par une personne très
compréhensive qui me dit qu'elle ne savait pas que les candidatures
étaient imposées et qui dira que je ne fais pas l'affaire pour que
je ne sois pas recrutée. Elle comprend que je ne veuille pas faire
180 km par jour, avec des horaires incompatibles avec ma vie privée
(3 enfants de 4, 7 et 10 ans).

De là, la direction n'aura de cesse de me harceler, on m'oblige à
aller faire des renforts dans d'autres boutiques, on essaie de
m'obliger à travailler le dimanche en me menaçant de me
réquisitionner, j'entends mes collègues dire que si je ne veux pas
vendre je n'ai qu'à aller voir ailleurs, je pleure souvent en
rentrant à la maison. Sous la pression en 2005 j'accepte de
m'inscrire pour rechercher du travail dans une autre administration.
J'ai passé plusieurs entretiens infructueux, j'avais des bilans
réguliers avec une personne de RH qui me faisaient faire des CV.
Petit à petit, je n'étais plus convoquée mais je recevait des mails
avec des offres d'emploi.

En 2008 ou 2009, j'ai reçu plusieurs mails me proposant de partir en
retraite en tant que mère de 3 enfants avec plus de 15 ans de
service. La pension s'élevait à environ 600€ par mois ! Tous ça a
pris fin avec l'annonce des suicides par les médias.

Toute cette période j'étais dans un état que je qualifierais de
dépressif, je pleurais souvent, j'étais de mauvaise humeur tout le
temps, j'ai mis très longtemps à m'en remettre et encore aujourd'hui
c'est difficile pour moi d'en parler.

Merci de m'avoir lue.